Visites à la ferme 2017

CETTE ANNÉE, LE MUSÉE INTERROGE LES CAMPAGNES lors de plusieurs rendez-vous
 

VISITES A LA FERME
Rencontre avec des exploitants dans leur quotidien, au cœur des enjeux de l’agriculture d’aujourd’hui



Visite à la ferme #2 : 
Earl le Costil à Truttemer-Le-Grand, samedi 22 juillet 17h
Élevage de vaches à lait et à viande, volaille labellisée : visite de la ferme par la famille Faudet, à l’heure de la traite



La famille Faudet est dans l'élevage de laitières depuis plusieurs générations. Les 3 enfants ont fait des études différentes ; c'est le plus jeune Jean-Baptiste qui a repris l'exploitation en 2014.



Jean-Baptiste Faudet

L'exploitation s'est pourtant diversifiée, avec un élevage de poulet plein air, label rouge et des vaches à viandes. Et il y a également les prés de fourrage, de culture et de pâture.


filière laitière
Le troupeau de 70 vaches est à 70% composé de race normande complétées par des prim holstein et une jersiaise.
L'exploitation ne cesse de se moderniser :
Les parents de Jacques Faudet avaient des vaches mais produisaient surtout du cidre. La première salle de traite a été installée en 1973 avec du matériel électrique installé sur bidon. 4 vaches étaient traites en même temps.
En 2004 une nouvelle laiterie a été construite.



En 2005 c'est un nouveau système de collecte de lait pour traire en même temps 2*6vaches.  Le lait est ensuite mis au frais dans une nouvelle cuve d'une capacité de 4500 litres. Il y est brassé et est prélevé tous les 2 jours ; on calcule une moyenne de cellules sur la semaine dont dépendra le prix payé final.
Les 70 vaches laitières produisent en moyenne 26 litres par jour, obtenus par 2 traites (6h le soir/7h le matin). Le lait produit est à 45% mat. grasse ; la race de jersey va jusqu’à 60% mat grasse (il y en a quelques unes ou issues de croisement dans l’élevage)
Le lait est actuellement vendu à Agrial.










Les vaches sont nourries aux  tourteaux soja, aux granulés et à l'herbe.
Le contrôleur laitier vérifie le poids et la nourriture des bêtes. Le lait est pesé matin et soir
En 2005 les Faudet installe également un système de distribution de nourriture adaptée à chaque bête : chaque vache porte un collier à puce qui déclenche un apport supplémentaire au fourrage et à l'ensilage, programmé par vache : il peut être corrigé/ajusté.
Chaque vache mange 3kg de ce complément par jour mais consomme 40 kg environ de mais ensilage herbe mélange+ paille. Elle boit de 60 à 80 litres d'eau par jour.

Du 1er avril à novembre les vaches pâturent en plein air, les premiers jours rentrent encore à la stabulation pour dormir puis restent dans les champs. Elle rentrent 2 fois par jour pour la traite. Les vaches ne reçoivent donc pas la même alimentation selon la saison.



La stabulation  est fermée par des bardages de bois sur les cotés : même si pas totalement hermétique il y a moins de vent et la pluie n’entre pas. Une fosse à lisier de 2 m de fond se trouve en dessous, à vider une fois par an. La paillasse des stalles ouvertes est faite en latex ; dans les rangées un robot aspirateur passe pour laver.


Le 1er velage à 3ans/30mois. Une vache va faire 5/6 lactations environ.
On vend encore des veaux tous les mardis matins à st Sever.
Le veau est très vite retiré de la vache allaitante, tète au biberon le colostrum.
Les veaux de 2017 portent un nom commençant par N. Les veaux naissent à présent également en hiver pour répondre à demande de lait toute l’année.
Toutes les femelles sont gardées, les veaux mâles vendus au bout de 3 semaines.

Il faut 35% de veaux pour assurer le renouvellement du cheptel. Des igloos à veau ont été installés.

Dans un autre hangar on trouve les génisses de 2 ans. Elles doivent remplacer les vaches réformées la ferme peut accueillir jusqu’à 90 vaches.
L'inséminateur dépendant, de la zone de Tinchebray, se déplace ; cela permet une bonne traçabilité des veaux qui ne naissent pas trop gros (ce qui engendreraient des frais vétérinaires supplémentaires (césarienne ou autre)).



vache pour la boucherie : espèce charolaise
la ferme compte 20 vaches charolaises, 20veaux et 1 taureau frisé répondant au doux nom de Lilas. Il vient de Saône et Loire.
Cet élevage a commencé en 1997. Il est plus intéressant de vendre un veau charolais  élevé sous la mère qu'un veau normand ou Holstein.

Un taureau a une "carrière" de 5 ans.



élevage de poulets de plein air, label rouge
depuis 99
Les volailles restent 34 jours à la ferme ; les pintades viennent d’un élevage de Bretagne près de St Brieuc.
Cet élevage nécessite peut de surveillance mais surtout au départ pendant 15jours. Il faut les habituer à boire suffisamment au compte-goutte.
On ouvre enfin les trappes donnant sur la parcelle de plein air. Le prix du poulet est indexé sur le prix de son alimentation.





La relève
Installation de son jeune fils comme relève : Jean-Baptiste a suivi un Bts agricole à la Ferté Macé, puis un stage obligatoire avant installation. Jacques Faudet a lui suivi une formation pratique de 2 jours par semaine jusque17 ans.
Un plan d’entreprise sur 5 ans doit être réalisé pour voir si la ferme est rentable.
L'exploitation travaille également avec la Cuma.


La famille Faudet au grand complet




Visite à la ferme #1 Exploitation Tracy Vire - Lycée agricole


Mercredi 31 mai 
rendez-vous à 15h30 à l'accueil du Lycée agricole


Nous avons été accueillis par Audrey Garaffa, directrice du CFA-CFPPA qui nous a guidés durant une première partie, nous faisant notamment découvrir l’animalerie dont les jeunes en formation « vente en animalerie » s’occupent.

 




Puis nous avons rencontré Carole Bes, cheffe de projet "autonomie alimentaire du troupeau laitier" sur l’exploitation.On recherche l'autonomie tout en raisonnant l'efficience économique du système.







 Les leviers :
·         -Pâturage tournant 
       -Rotations culturales économes et autonomes : trèfle violet sous couvert de méteil (fourrage).
·         -Culture de méteils grain :  féverole / pois / triticale.
Mise en place de dérobées
Le méteil remet naturellement de l’azote dans le sol ce qui permet de diffuser moins d’intrants
créant des gains écologique, économique et en temps.
Ce système permet d’utiliser 0 produit phytosanitaire, 0 engrais.
-Culture de maïs : actuellement  récolté  en  ensilage.


Le reste de la visite de l’exploitation se fait avec Xavier Baudoin qui nous accompagne d’abord à la découverte de l’atelier mécanique, où les élèves s’entrainent sur les machines, apprennent à les réparer, à souder durant les TD/TP. Ils ne reçoivent pas de formation poussée en électronique.




L’exploitation fait aussi partie de l’Observatoire de la pousse de l’herbe ; il s’agit de mesurer la hauteur de l'herbe à travers 30 relevés par parcelle.
On essaye au maximum de valoriser l’herbe et d’éviter de la gâcher par le piétinement des animaux si elle est trop haute.
M. Baudouin nous explique également la réglementation sur l’épandage des lisiers/fumiers mise en place dans le cadre de la PAC et en France: cela est mesuré en terme de points à épandre et plan de fumure, réalisé en fonction d’analyses des sols ( variant selon la proximité d’une rivière etc. …)
Sur les 65 hectares de l’exploitation, 48 hectares sont en prairie  permanente (elle devient quand la terre n’est pas retournée depuis au moins 5 ans).
L’exploitation Tracy Vire se place entre les 2 systèmes, conventionnel et le bio : elle va vers plus d’autonomie et l’herbe y est valorisée. Au printemps on n’ouvre plus de silos.
L’exploitation Tracy Vire a une triple fonction : économique, pédagogique et de développement du territoire (en menant des expérimentations).
Le matériel agricole provient à 80% de la Cuma (coopérative d’utilisation de matériel agricole) ce qui permet aux jeunes d'être formé des machines modernes, régulièrement remplacées. La désileuse est par exemple partagée avec 4 autres agriculteurs.
Les haies jouent  un rôle important sur l'exploitation ; elles permettent le conditionnement en copeaux, elles retiennent l’eau et évitent le lessivage des sols ainsi que l’érosion des sols due au vent, qui fait que les sols sont plus sensibles à chaque variation.

Le troupeau

Le cheptel s’élève à 130 bêtes (dont des génisses jusque 3/4 ans et des bœufs).
Sur la 50/60aine de vaches à traire composant le troupeau, 55% sont des prim-holstein, 45% de normandes (dont le lait est plus gras).
Tous les veaux femelles sont gardés pour le renouvellement du cheptel.
 





On découvre les « igloos » individuels pour les veaux qui sont séparés dès leur naissance de leur mère (le colostrum est donné au biberon durant les 8 premiers jours) pour éviter contamination, tuberculose etc. . Ils restent de 8 à 15 jours dans les igloos individuels puis ils sont rassemblés.
Le taux de renouvellement du troupeau est de 7% par an.












La Traite
 

Nous sommes ensuite entrés dans la laiterie occupée surtout par le tank. Au mur, M. Baudouin nous montre une drôle de roue permettant de visualiser le cycle/la situation de chaque vache du troupeau, chacune symbolisée par une épingle.
 



 
La salle de traite attenante est directement en lien avec la stabulation ; on n'y trouve aucun robot. La traite a lieu 2 fois par jour (un roulement est organisé entre élèves, employés et stagiaires) : cela représente 1h15 à chaque traite, soit 2h30 par jour. 10 vaches peuvent être traites en même temps.



Les données issues des contrôles et de la traite servent pour les statistiques mais sont également transmises aux enseignants de mathématiques/physique/chimie du lycée pour donner des cas pratiques d’études aux élèves.
Selon le responsable d’exploitation cette salle de traite date d’une vingtaine d’années, n’est pas à la pointe de la technologie mais est très satisfaisante.
Le moment de la traite est important car par le regard on peut détecter un problème sur un animal.
A noter justement le développement des traitements homéopathiques dans l’exploitation (qui s’avèrent apparemment moins chers et efficaces) en remplacement des antibiotiques.
La production par vache est de 19 à 23 litres par jour. Elle est vendue à Agrial. Il n’y a pas d’atelier de transformation du lait au sein de l’exploitation, par contre une partie de la production est transmise à la cantine du LPA.
Sur l’exploitation il y a un directeur, 1 cheffe de projet, 2 employés et actuellement 2 stagiaires qui viennent de Mayotte !

Atelier de transformation 

Cet atelier joue un rôle dans le développement et l’animation du territoire. En effet, il est mis à la disposition des producteurs locaux, avec son matériel pour la fabrication des charcuterie, terrines et plats cuisinés. Une formation aux règles d’hygiène est nécessaire au préalable. Ainsi 35 producteurs viennent transformer leurs productions dans cet atelier.
Chaque espace a une fonction bien précise :



-l’un pour revêtir les vêtements de protection ;
-un autre pour la découpe des légumes/ pour les produits laitiers/  et la casse des œufs (aucune coquille ne doit entrer dans les espaces suivants).
-atelier de stockage des épices.
-atelier froid(des chambres froides et de découpe (broyeur/mélangeur/saucisse) et atelier chaud avec cuisson;
-un espace de stockage de grandes quantités de bocaux ( qui doivent être lavés, étiquetés, vidés en  air) 
- une pièce pour le conditionnement, le marquage, encapsulage, mise sous vide.
L’affaire est de ne pas produire trop si on n’a pas de possibilité de conditionner tout de suite après.
 
L’atelier travaille, pour ses propres productions, avec un producteur de porc ayant signé une charte-qualité garantissant un prix assuré sur 3 ans et une viande sans ogm, nourrie à l’orge.

L'atelier a été créé en octobre 76. On remarque un développement des ventes depuis, surtout en France, grâce à la présentation des produits de l'atelier sur les grandes foires comme Chinon et Paris, à Toulouse.





A venir: 
• Earl les 4 saisons à la Graverie, samedi 9 septembre 15h
Ferme de démonstration de Christine Gamaury et Nicolas Paris, exploitation bio de cultures maraîchères et élevage ovin
visite gratuite, places limitées, sur réservation auprès du musée : 02 31 66 66 50



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